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Baguettes d'angle et profilés de finition : les poser correctement

Poser une baguette d'angle et des profilés de finition sur une façade enduite : réglage, matériaux, coupes, et les désordres d'une pose mal noyée.

Étape 5 / 8 min de lecture
Cornière d'angle à trame en fibre de verre à demi noyée dans le corps d'enduit gris d'une arête de façade.
La trame de la cornière doit disparaître dans le corps d'enduit : c'est elle qui relie le profilé au mur de part et d'autre de l'arête.

Une baguette d'angle est un profilé qu'on fixe sur une arête de façade avant d'appliquer l'enduit de finition, et qu'on recouvre ensuite. Elle donne à l'arête une ligne droite que la truelle seule ne tient pas sur toute une hauteur, et elle protège le nez d'angle des chocs. La poser correctement tient en trois gestes : la régler au fil avant de la coller, noyer complètement sa trame ou ses ailes dans le mortier, et recouvrir l'arête d'une épaisseur d'enduit suffisante pour qu'aucun métal n'affleure. Si l'un des trois manque, le défaut apparaîtra — pas tout de suite, mais il apparaîtra.

Le principe vaut pour toute la famille des accessoires : profilés d'arrêt en tête et en pied, gouttes d'eau sous appui et sous bandeau, profilés de fractionnement. Ce sont des pièces bon marché, posées vite, et qui décident pourtant de la géométrie visible d'une façade et d'une bonne part de son étanchéité aux ruissellements. Un chantier propre se reconnaît d'abord à ses arêtes et à ses arrêts. Cet article détaille ce que chaque profilé fait, comment il se règle et se coupe, quels matériaux vont avec quel enduit, et à quoi ressemblent les désordres d'une pose bâclée.

Ce que fait une baguette d'angle, et ce qu'elle ne fait pas

Une arête d'angle brute, en maçonnerie, n'est jamais droite. Le bloc est posé au millimètre près dans le meilleur des cas, la pierre ou la brique ancienne l'est beaucoup moins, et l'enduit doit rattraper cette approximation sur toute la hauteur du mur. Un enduiseur expérimenté sait tirer une arête à la truelle, mais il la tire à l'œil, et l'œil se fatigue. Sur un pignon, l'écart se voit en lumière rasante.

La baguette apporte trois choses. D'abord une référence rectiligne : une fois réglée, elle sert de guide de dressage pour l'enduit de part et d'autre. Ensuite une résistance mécanique : le nez d'angle est l'endroit où l'enduit s'écaille le plus vite, sous les coups d'échelle, de poubelle, de vélo ou de portière, et un profilé y met une âme dure. Enfin une continuité : sur un support hétérogène, elle relie deux plans qui ne travaillent pas exactement pareil.

Elle ne fait pas d'étanchéité. C'est un malentendu fréquent. Une cornière posée en tête de mur ne remplace pas un couronnement, et un profilé d'arrêt posé au-dessus d'une menuiserie ne remplace pas un calfeutrement. Elle ne rattrape pas non plus un défaut de planéité important : si le mur est bombé, le profilé posé au fil créera une surépaisseur d'enduit d'un côté et une sous-épaisseur de l'autre, et c'est la sous-épaisseur qui fissurera. Sur un support déformé, la question se règle au corps d'enduit, pas à l'accessoire.

Cornière à trame, profilé sans trame : deux familles

La cornière à trame porte, de part et d'autre de son nez, deux bandes de treillis — le plus souvent en fibre de verre traitée contre l'alcalinité des mortiers. Ces ailes se noient dans la passe de mortier et solidarisent le profilé au support sur une largeur bien supérieure à celle du nez. C'est la solution normale sur enduit mince, sur enduit sur isolant, et partout où l'on veut éviter la fissure de rive qui suit le bord d'un accessoire rigide.

Le profilé sans trame, en revanche, a des ailes pleines, souvent perforées. Il se pose au mortier de la même façon, mais son ancrage repose sur l'accrochage du mortier dans les perforations. On le retrouve plutôt sur les enduits épais et sur les profilés d'arrêt, où la fonction est de créer une ligne franche plutôt que de renforcer une arête.

Le choix ne se fait pas au hasard : il découle du système d'enduit retenu. Chaque fabricant d'enduit publie une liste d'accessoires compatibles avec ses mortiers, et mélanger un profilé d'une marque avec un mortier d'une autre sort du système. Sur le fond, cela ne pose pas toujours problème techniquement ; en cas de désordre, cela complique nettement la discussion sur les responsabilités. Le sujet mérite d'être abordé au moment du choix de l'enduit, décrit dans notre comparaison entre enduit monocouche et enduit traditionnel.

Les profilés d'arrêt : là où l'enduit s'arrête net

Un enduit doit s'arrêter quelque part. En tête de mur sous une génoise, en pied au-dessus du soubassement, contre un dormant de fenêtre, contre un coffre de volet roulant, contre un bandeau saillant. Partout où il s'arrête, il présente une tranche : la partie la plus fragile de tout le revêtement, celle par laquelle l'eau entre et par laquelle l'enduit se décolle.

Le profilé d'arrêt règle ce problème en donnant à cette tranche une forme définie et une protection. Il fixe l'épaisseur finale de l'enduit — le nez du profilé est calibré pour l'épaisseur du système — et il crée une ligne rectiligne au lieu d'un bord de truelle irrégulier. Beaucoup de modèles intègrent une lèvre souple qui vient s'appuyer sur la menuiserie et absorbe les mouvements différentiels, ainsi qu'une bande adhésive de protection qu'on retire après l'application.

Le profilé d'arrêt en tête

En haut d'un mur, l'enduit se termine sous le débord de toiture, sous une génoise ou contre une planche de rive. C'est la zone la moins accessible depuis l'échafaudage, la plus mal éclairée, et celle où un arrêt approximatif se voit le moins pendant le chantier — puis se voit très bien depuis la rue, une fois l'échafaudage démonté.

Un arrêt en tête correct suppose deux choses. Que la ligne soit parallèle à l'égout du toit, ce qui n'est pas la même chose que d'être horizontale : sur un bâti ancien, le toit ondule, et une ligne rigoureusement au niveau soulignera cette ondulation au lieu de l'effacer. Et que l'espace entre l'enduit et la charpente reste ventilé : un enduit poussé au contact du bois piège l'humidité contre lui.

Le profilé d'arrêt en pied

En bas, l'enduit ne doit pas descendre jusqu'au sol. La zone de rejaillissement — celle que la pluie éclabousse depuis le terrain — est agressive, et l'enduit qui plonge dans la terre aspire l'humidité par capillarité. Le profilé de départ, ou profilé de pied, matérialise une ligne d'arrêt propre au-dessus de ce niveau, et sur un enduit sur isolant il joue en plus le rôle de rail de départ et de barrière contre les rongeurs.

C'est aussi le point où se règle la question du soubassement : peinture de soubassement, enduit hydrofuge, parement. La ligne de séparation entre les deux traitements est une ligne visible sur toute la longueur de la façade. Elle se règle au fil, pas à l'estime.

Gouttes d'eau et larmiers : la pièce qui décide où l'eau tombe

Sous chaque saillie horizontale d'une façade — appui de fenêtre, bandeau, corniche, dessus de mur bahut — l'eau qui ruisselle doit se détacher du bâtiment. Si elle ne se détache pas, elle contourne la sous-face par tension superficielle et redescend le long du mur. Le résultat s'observe partout : deux coulures verticales sombres sous chaque appui de fenêtre, et une bande grisâtre sous chaque bandeau.

La goutte d'eau est la solution. Il s'agit d'une rainure creusée en sous-face, ou d'un profilé rapporté dont le nez présente une arête vive et un décrochement. L'eau arrive à cette arête et n'a plus de surface pour continuer : elle tombe. Le principe est purement géométrique, et c'est pour cela qu'il fonctionne durablement — aucun produit à renouveler, aucune étanchéité à surveiller.

Trois conditions le rendent efficace :

  • une arête franche, non arrondie par l'enduit ; un profilé noyé sous trop de mortier perd sa fonction
  • une position en retrait du nu du mur, de façon que la goutte tombe dans le vide et non contre le mur
  • une continuité sur toute la longueur : une goutte d'eau interrompue au milieu d'un bandeau se contourne à l'endroit de l'interruption, et une seule coulure suffit à salir la façade

Le raccordement de ces profilés aux autres éléments saillants demande de la méthode ; le sujet est traité en détail dans notre article sur les appuis, bandeaux, corniches et arêtes, qui décrit les points singuliers du gros œuvre auxquels ces accessoires viennent se rattacher.

Galvanisé, inox, PVC, aluminium : la compatibilité d'abord

Le matériau du profilé n'est pas un détail de finition. Il est en contact permanent avec un mortier alcalin, et sur les zones basses ou exposées, avec de l'eau. Les quatre familles courantes n'ont pas les mêmes limites.

L'acier galvanisé est le standard économique. Le zinc protège l'acier tant qu'il est intact ; une coupe à la pince laisse une tranche d'acier nu, et une rayure profonde entame la couche. Il convient partout où le profilé sera correctement recouvert et où l'ambiance n'est pas agressive.

L'inox est le choix des situations difficiles : bord de mer, ambiance saline, zones basses soumises au rejaillissement, milieu industriel. Il coûte plus cher et se coupe moins facilement, mais il ne trahit pas.

Le PVC ne rouille pas du tout, ce qui règle le sujet de la corrosion. En contrepartie, il se dilate davantage que le mortier qui l'entoure et il devient cassant au froid. On le retrouve surtout sur les enduits minces et les systèmes sur isolant, où les profilés PVC à trame sont d'usage courant, et sur les arrêts contre menuiserie où sa souplesse est un avantage.

L'aluminium, enfin, s'emploie pour les profilés visibles destinés à rester apparents — certains arrêts et certaines couvertines — mais il supporte mal le contact direct avec des mortiers de ciment frais, qui l'attaquent. Quand il est employé au contact d'un mortier, il doit être protégé, laqué ou anodisé selon le cas.

Une règle simple couvre l'essentiel : ce qui est recouvert et sec peut être galvanisé ; ce qui est exposé, humide ou salin doit être inox ou plastique.

Reste un piège discret : le contact entre deux métaux différents en présence d'eau crée une pile, et le moins noble se corrode. Une cornière galvanisée en contact direct avec un appui en cuivre, ou avec les eaux qui ruissellent depuis une pièce en cuivre, se dégrade beaucoup plus vite qu'en situation normale. Sur une façade qui reçoit une descente d'eau en zinc ou en cuivre, cela vaut d'être regardé — le point mérite d'être signalé à l'entreprise avant la commande des accessoires.

Poser : mortier ou fixation mécanique, et le réglage qui compte

Deux méthodes coexistent, et la première est de loin la plus courante.

La pose au mortier consiste à appliquer des plots ou un cordon de mortier de collage sur le support, à présenter le profilé, à l'enfoncer jusqu'à sa position réglée, puis à maroufler les ailes ou la trame avec la lame, de façon à les faire disparaître dans la matière. On applique ensuite une passe de recouvrement. Le mortier utilisé doit être celui du système : un mortier de collage étranger n'a pas la même retrait ni la même adhérence.

La pose mécanique — chevilles, clous à frapper, vis — s'emploie quand le support ne permet pas de coller correctement, ou pour les profilés lourds et les pièces de rive. Elle réclame les mêmes précautions que toute fixation en façade : perçage adapté, fixation compatible avec le support, et surtout, ne pas contraindre le profilé. Une pièce métallique vissée rigidement à ses deux extrémités et bloquée sur toute sa longueur ne peut plus se dilater ; elle poussera l'enduit.

Le réglage au cordeau, au fil et au niveau

C'est l'étape qui se voit à la fin, et celle qu'on saute quand le planning se resserre.

Pour une arête verticale, la référence est le fil à plomb ou le laser d'aplomb, pas le mur. Le mur ancien n'est pas d'aplomb, et la question n'est pas de le suivre mais de décider ce qu'on privilégie : l'aplomb réel, ou l'alignement avec les éléments voisins — tableaux de fenêtres, chaînage d'angle apparent, mur mitoyen. Sur une façade de bourg, un angle rigoureusement d'aplomb à côté d'un mur qui ne l'est pas peut se remarquer davantage qu'un angle légèrement rattrapé. Ce choix se prend avant, pas après.

Pour une ligne horizontale — arrêt en tête, arrêt en pied, ligne de soubassement, bandeau — le cordeau se tend d'un bout à l'autre de la façade, et non par tronçons. Une ligne tirée en trois fois donne trois lignes légèrement différentes, et le raccord se voit. Sur une longue façade, le cordeau se recale en milieu de portée pour compenser son propre affaissement.

Enfin, la vérification se fait en lumière rasante. Une arête regardée de face paraît toujours droite. La même arête regardée depuis l'extrémité de la façade, en fin de journée, révèle chaque ondulation. C'est ainsi qu'elle sera vue depuis la rue.

Coupes, raccords et angles : là où les défauts se logent

Les profilés arrivent en longueurs standard, et une façade fait rarement un multiple de ces longueurs. Il faut donc couper et raccorder, et c'est là que se concentrent les malfaçons.

Une coupe droite dans une longueur se fait bord à bord, sans chevauchement épais, avec un léger jeu pour la dilatation. Les deux tronçons doivent être parfaitement alignés : un décalage d'un millimètre à ce niveau devient une cassure visible dans la ligne d'enduit. Sur les profilés à trame, la trame se recouvre franchement d'un tronçon à l'autre, pour ne pas créer de zone non renforcée à l'endroit précis du joint — soit exactement le point faible.

Un raccord d'angle — deux profilés qui se rencontrent en haut d'un tableau, ou à la jonction d'un arrêt de tête et d'une cornière verticale — se traite en coupe d'onglet. La coupe à quarante-cinq degrés est le principe ; en pratique, l'angle réel du bâti est rarement exactement droit, et l'onglet se prend sur l'angle mesuré. Certains fabricants proposent des pièces d'angle préformées qui évitent la question et donnent un résultat plus régulier, notamment pour les gouttes d'eau qui retournent en about de bandeau.

Un retour en about est le détail que l'on oublie le plus. Une goutte d'eau sous bandeau qui s'arrête au nu du mur laisse l'eau contourner l'extrémité. Elle doit retourner, c'est-à-dire remonter contre le mur, pour fermer le passage. La différence entre une façade propre trois ans plus tard et une façade marbrée de coulures tient souvent à ces quelques centimètres de retour.

Deux points enfin, souvent négligés :

  • les tranches coupées de profilés galvanisés se retrouvent en acier nu ; en zone exposée, elles se protègent
  • les coupes doivent être franches, à la cisaille ou à la scie à métaux fine ; une coupe à la meuleuse brûle le revêtement du profilé sur plusieurs millimètres et une coupe à la pince déforme le nez

Joints de fractionnement : découper l'enduit avant qu'il ne se découpe seul

Un enduit est un matériau qui bouge : il subit le retrait de séchage, puis les variations thermiques et hydriques pendant toute sa vie. Sur de grandes surfaces continues, ou lorsqu'il franchit une discontinuité du support, ces mouvements dépassent ce qu'il peut absorber. Il fissure — et il fissure là où il veut, en général de manière irrégulière.

Le profilé de fractionnement, ou joint de fractionnement, anticipe ce mouvement. C'est une pièce qui interrompt volontairement la continuité de l'enduit, sur une ligne choisie, en ménageant un jeu que le profilé absorbe. La fissure ne se forme pas ailleurs, parce que la contrainte se relâche là.

Trois situations le rendent nécessaire ou fortement recommandé : le franchissement d'un joint de dilatation de la structure — dans ce cas le fractionnement doit se placer exactement à l'aplomb du joint, et non à côté ; le changement de nature du support, par exemple entre une partie ancienne en pierre et une extension en blocs ; et le fractionnement des grandes surfaces continues, dont les dimensions maximales sont fixées par les documents du système d'enduit retenu et non par une règle générale.

Un joint de fractionnement bien placé se voit un peu. Un joint absent se voit beaucoup, sous la forme d'une fissure diagonale au droit d'un angle d'ouverture ou d'une ligne de rupture au changement de support. La lecture de ces désordres, une fois l'enduit sec, est détaillée dans notre article sur un enduit neuf qui cloque, farine ou se fend.

Les désordres qui suivent une baguette mal posée

Ils sont reconnaissables, et presque tous se ramènent à une des trois fautes du début.

La trace de rouille verticale. Une ligne orangée qui descend le long d'une arête, ou une constellation de points rouille, signale un profilé galvanisé insuffisamment recouvert : l'enduit ne fait pas l'épaisseur nécessaire sur le nez, l'humidité atteint le métal, et la rouille migre au travers. La reprise est ingrate : il faut ouvrir l'enduit, traiter ou remplacer le profilé, et reprendre la finition — avec un raccord de teinte qui se verra.

La fissure parallèle à l'arête. Une fissure fine qui court à quelques centimètres de l'angle, sur toute la hauteur, marque la limite de la trame ou de l'aile du profilé. Elle dit que le marouflage n'a pas été fait correctement : la trame est restée en surface au lieu d'être noyée, et le bord crée un plan de rupture.

Le décollement en tranche. À un arrêt sans profilé, ou avec un profilé mal appliqué, l'enduit se décolle par le bord. On l'entend au sondage : le son devient creux à l'approche de l'arrêt. L'eau est passée derrière et travaille.

Les coulures sous saillie. Elles indiquent une goutte d'eau absente, arrondie par un excès de mortier, interrompue, ou dépourvue de retour en about.

L'arête ondulante. Purement esthétique, mais définitive : elle sanctionne un profilé posé sans réglage, ou réglé sur le mur au lieu de l'être au fil.

Ce qui se contrôle avant de solder

La plupart de ces défauts sont visibles avant le démontage de l'échafaudage, ce qui est le seul moment où ils se reprennent facilement. Quelques vérifications suffisent :

  • regarder chaque arête en lumière rasante, depuis l'extrémité de la façade
  • vérifier qu'aucun métal, aucune trame, aucun bord de profilé n'affleure nulle part
  • passer la main sous chaque appui et chaque bandeau : la goutte d'eau doit se sentir, arête vive
  • vérifier les retours en about des gouttes d'eau
  • contrôler l'alignement des raccords entre tronçons, en particulier en tête
  • sonder les arrêts au manche d'outil pour repérer un début de décollement

Ces points ont leur place dans la liste de réception ; ils figurent parmi ceux que détaille notre article sur la réception de chantier. Une fois l'échafaudage parti, la même reprise coûte le remontage.

Questions fréquentes

Une baguette d'angle doit-elle rester visible ?

Non, sauf pour les rares profilés conçus pour rester apparents, qui sont alors laqués ou anodisés et posés comme des éléments de finition. Dans le cas général — cornières d'arête, profilés à trame — le profilé est un guide et un renfort : il doit disparaître sous l'enduit. Voir le nez du profilé, une trame, un liseré métallique ou une différence de matière le long de l'arête est un défaut de pose, pas un parti pris esthétique.

Peut-on poser une baguette d'angle sur un enduit déjà terminé ?

Techniquement, on peut fixer un profilé de protection d'angle sur un enduit existant, mais ce n'est pas la même chose. Il sera rapporté, visible, et ancré dans un enduit dont on ne connaît pas la cohésion. Sur une arête très exposée aux chocs, cela peut se défendre comme protection ponctuelle. Pour redresser une arête irrégulière, non : le profilé posé en surface créerait une surépaisseur locale qu'il faudrait raccorder sur une largeur importante. La question se traite au moment de la reprise d'enduit, en même temps que la préparation du support.

Combien coûtent les profilés dans un devis de ravalement ?

Aucun montant ne peut être donné utilement hors contexte : le prix dépend du matériau, du linéaire réel, du nombre de points singuliers et de la région. Ce qui compte, c'est que le devis les fasse apparaître. Un devis sérieux chiffre un linéaire de profilés — mètres linéaires de cornières d'angle, de profilés d'arrêt, de gouttes d'eau, de fractionnement — avec le matériau précisé pour chaque poste, et non une ligne « accessoires » forfaitaire. Cette ligne se compare d'un devis à l'autre : si l'une des entreprises annonce nettement moins de linéaire que les autres pour la même façade, c'est qu'elle prévoit de traiter moins de points singuliers, et il faut lui demander lesquels. Le calcul du linéaire se fait à partir du métré, en comptant chaque arête verticale, chaque arrêt et chaque sous-face.

Faut-il des profilés spécifiques pour un enduit sur isolation extérieure ?

Oui, et ce n'est pas une variante mais un système différent. Les profilés d'un système sur isolant tiennent compte de l'épaisseur de l'isolant, du rail de départ en pied, des retours d'isolant en tableau, et des mouvements propres au complexe. Ils sont fournis dans le système et référencés par le fabricant. On ne pose pas des cornières d'enduit traditionnel sur un isolant, et l'inverse n'a pas plus de sens. Les particularités du procédé sont décrites dans notre article sur l'enduit sur isolation extérieure.

Que faire quand la trame apparaît par transparence sous la finition ?

C'est le signe que la couche de recouvrement est trop mince à cet endroit, souvent parce que la trame n'a pas été suffisamment enfoncée dans le mortier au marouflage. Tant que la finition n'est pas appliquée, cela se rattrape par une passe supplémentaire. Après finition, la reprise implique un raccord de teinte, avec le risque de nuance visible. C'est une raison de regarder l'état des ailes et des trames à la fin de chaque journée d'application, pendant que la correction reste simple, plutôt qu'à la réception.