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Coffres de volet roulant : enduire autour sans bloquer le tablier

Un volet qui ne descend plus après le ravalement se débloque en cassant de l'enduit neuf. Le relevé baie par baie, les jeux à tenir, l'arrêt d'enduit.

Points singuliers / 22 min de lecture
Coulisse de volet roulant protégée par un masquage, l'enduit arrêté net le long du profil
La coulisse est obturée sur toute sa hauteur avant la première truelle : rien ne peut plus tomber au fond.

Un coffre de volet roulant est un mécanisme. L'enduit est une matière plastique qui se colle partout, gonfle légèrement en durcissant, et ne se retire plus. Mettre les deux en contact sans précaution donne le scénario classique de fin de ravalement : la façade est belle, et trois volets sur huit ne descendent plus.

Le problème n'est pas rare et il n'est pas anodin. Un volet bloqué après enduit se débloque presque toujours en cassant de l'enduit neuf, donc en refaisant une reprise visible autour de la baie, précisément à l'endroit le plus regardé de la façade. Il vaut donc mieux passer une demi-heure par baie avant de commencer que deux jours de retouches après.

Reconnaître le type de coffre, parce que le risque n'est pas le même

Ce qui suit change complètement selon la configuration. Un coup d'œil depuis l'intérieur et depuis l'extérieur suffit à trancher.

Le coffre intérieur, dit coffre tunnel ou caisson maçonné. Il est logé dans l'épaisseur du mur, au-dessus de la fenêtre. Depuis l'extérieur, on ne voit rien du coffre : seulement la sortie du tablier et les coulisses. C'est la configuration la plus favorable — l'enduit n'a affaire qu'à deux détails, la fente de sortie et les coulisses.

Le bloc-baie. Le coffre est solidaire de la menuiserie, posé en même temps qu'elle. Extérieurement, il se manifeste par une joue et un bandeau au-dessus du dormant. L'enduit vient mourir contre un profil de menuiserie, avec les mêmes contraintes de dilatation que pour un dormant.

Le coffre extérieur rapporté, ou monobloc de rénovation. Il est vissé en applique au-dessus de la baie, souvent en PVC ou en aluminium, souvent posé longtemps après la construction. C'est la configuration la plus délicate : le coffre déborde du nu du mur, il porte une trappe de visite en sous-face ou en façade, et l'enduit doit s'arrêter contre lui sans le sceller.

Le coffre sous linteau, intégré à une isolation. Sur une façade isolée par l'extérieur, le coffre peut se retrouver noyé dans l'épaisseur de l'isolant. Là, tout est à traiter : accessibilité, sortie du tablier, coulisses rallongées.

Avant d'enduire, écrivez sur votre relevé, baie par baie, de quel type il s'agit. Ce repérage fait partie du même travail que celui décrit dans volets, fenêtres, câbles : les lots qui accompagnent la façade.

Les cinq façons de bloquer un volet en enduisant

Elles reviennent toujours, et elles sont toutes évitables.

Le mortier tombé dans la coulisse. C'est de loin la première cause. Une coulisse est un profil en U ouvert vers le tablier : tout ce qui tombe dedans y reste. Une giclée de mortier durcie au fond d'une coulisse empêche la lame finale de descendre, ou raye le tablier sur toute sa hauteur à chaque manœuvre.

L'enduit qui déborde dans la fente de sortie. La sortie du tablier est une fente étroite. Un enduit poussé un peu généreusement au-dessus du linteau vient s'y engager, sèche, et le tablier bute.

La coulisse enduite jusqu'au bord, sans jeu. L'enduit qui vient buter contre l'aile de la coulisse fait pince : au premier cycle de dilatation, la coulisse se pince, le tablier frotte.

La trappe de visite scellée. Elle ne bloque pas le volet, mais elle bloque toute intervention ultérieure : le jour où une lame casse ou où la sangle rompt, il faut casser l'enduit.

Le tablier laissé baissé et pris dans le mortier. Cela paraît absurde, et cela arrive : on baisse les volets pour protéger les vitres, on projette, et une partie du tablier reçoit sa dose. Les lames se collent entre elles et le volet ne remonte plus.

Le relevé, baie par baie, avant de monter l'échafaudage

Cinq minutes par baie, et elles évitent tout le reste.

Manœuvrer chaque volet, complètement, dans les deux sens. On note ce qui accroche déjà. Un volet qui frottait avant le chantier frottera après, et personne ne croira que ce n'était pas l'enduit. C'est un constat contradictoire : il se fait avec le client, et il se photographie.

Repérer la trappe de visite. Elle est en sous-face du coffre extérieur, ou en façade intérieure pour un coffre tunnel. Notez-la, et notez si elle s'ouvre encore.

Repérer le type de manœuvre. Sangle, treuil à manivelle, moteur. Un moteur signifie une alimentation électrique, donc un câble qui traverse peut-être la façade, et une traversée à traiter comme n'importe quelle autre.

Vérifier l'état des coulisses. Sur une façade ancienne, elles sont souvent voilées, mal fixées, ou en bois. Une coulisse en mauvais état se remplace pendant le ravalement, jamais après.

Décider, pour chaque baie, entre dépose et travail en place. C'est la vraie décision de cet article.

Déposer ou travailler en place

Ce qui plaide pour la dépose

Déposer les coulisses, et parfois le coffre extérieur entier, coûte du temps mais change la nature du travail. On enduit alors un tableau nu, sans obstacle ni masquage, et l'on repose ensuite sur un support fini. C'est la seule façon d'obtenir un enduit continu derrière les coulisses, donc étanche.

La dépose s'impose franchement dans trois cas :

  • le support derrière la coulisse est dégradé — et il l'est souvent, parce que c'est une zone qui ne sèche jamais ;
  • la façade est isolée par l'extérieur : l'isolant passe là où passait la coulisse, il faut de toute façon la déposer et la rallonger ;
  • les coulisses sont à remplacer, pour vétusté ou pour changer de tablier.

Ce qui plaide pour le travail en place

Un volet motorisé récent, une coulisse vissée dans un dormant aluminium en bon état, un tablier fragile : dans ces cas, la dépose crée plus de risques qu'elle n'en supprime. On travaille alors en place, avec un masquage sérieux.

Une règle utile : on ne dépose jamais une coulisse sans savoir comment on la reposera. Les vis d'origine sont souvent inutilisables, les percements se retrouvent dans un enduit neuf, et une repose approximative donne un volet qui frotte. Si l'entreprise dépose, elle doit prévoir des fixations neuves et la reprise des points de percement, qui est un geste à part entière : cheville adaptée au support réel derrière l'enduit, et rebouchage des anciens trous avant la finition.

Les jeux : le principe, et où lire la valeur

C'est le point où la tentation d'écrire un chiffre est la plus forte, et où elle serait la plus dangereuse. Les jeux de fonctionnement d'un volet roulant dépendent du fabricant, du type de tablier, de la hauteur de la baie et du mode de manœuvre.

Le principe est simple : trois jeux doivent survivre à l'enduit.

Le jeu latéral, entre le bord du tablier et le fond de la coulisse. C'est lui qui permet au tablier de coulisser sans se coincer, et qui absorbe la dilatation des lames en plein soleil. L'enduit ne doit jamais réduire la profondeur utile de la coulisse.

Le jeu de sortie, à la fente du coffre. La fente doit rester libre sur toute sa largeur, y compris aux extrémités où l'enduit du tableau arrive.

Le jeu de la lame finale en position basse. Le volet fermé doit venir en butée sur son appui, sans que l'enduit refait sur l'appui de fenêtre ait rehaussé le niveau. C'est un piège classique quand on refait un appui en même temps : le nouvel appui est plus haut de l'épaisseur du mortier, et le volet ne ferme plus complètement. Le geste de reprise d'appui est décrit dans refaire un appui de fenêtre ; s'il y a un volet roulant, il faut vérifier la butée avant de finir la surface.

Où lire la valeur. Les jeux de pose figurent dans la notice de pose du volet, disponible auprès du fabricant à partir de la référence lisible sur le tablier, sur la coulisse ou à l'intérieur du coffre. À défaut de notice, le critère de contrôle vaut mieux qu'un nombre : on mesure le jeu existant avant travaux, on le note, et on le retrouve après. Un jeu conservé à l'identique est un jeu juste.

Protéger, avant la première truelle

Le tablier

Volets remontés, jamais baissés. Un tablier enroulé dans son coffre est à l'abri ; un tablier déroulé est une surface de réception idéale pour les projections. Si la protection des vitrages impose de fermer, on ferme, mais on bâche le tablier par-dessus, sans le sangler contre les coulisses.

Si les volets doivent rester manœuvrables pendant le chantier — cas courant en logement occupé — on convient avec l'occupant d'une position et d'un horaire, et l'on manœuvre chaque jour en fin de poste pour vérifier que rien ne s'est bloqué. Un blocage détecté le jour même se nettoie ; détecté trois semaines plus tard, il se casse.

Les coulisses

Deux méthodes, cumulables.

L'obturation. On bourre le U de la coulisse d'un boudin de mousse, ou l'on y glisse une bande de carton fort ou un profil plastique, sur toute la hauteur. Rien ne peut plus tomber au fond. C'est la méthode la plus sûre, à condition de noter le nombre de bouchons posés et de les retirer tous — un boudin oublié bloque aussi bien qu'un mortier.

Le masquage. Ruban adhésif de masquage sur les ailes visibles, film sur le reste. Le ruban se retire avant que l'enduit ne soit complètement durci : arraché sur un enduit sec, il emporte l'arête de finition.

La sortie du tablier et la trappe

La fente de sortie se protège par une bande de mousse ou un adhésif large. La trappe de visite se masque et se repère : un morceau d'adhésif de couleur, visible depuis le sol, évite qu'un compagnon la couvre par distraction.

Enduire autour : les gestes

L'ordre

L'enduit du tableau se traite comme n'importe quel retour de baie, avec les mêmes contraintes d'aplomb et d'équerrage que décrit enduire les tableaux de fenêtre. La seule différence est qu'en haut du tableau, on ne va pas jusqu'au bout : on arrête l'enduit avant la coulisse et avant la fente, franchement.

L'arrêt de l'enduit

Un arrêt franc vaut mieux qu'un fondu, ici plus qu'ailleurs. Trois moyens :

  • un profilé d'arrêt ou une baguette de finition, posé le long de la coulisse : il donne une ligne droite, protège l'arête et ménage la place du joint ;
  • un fond de joint compressible posé contre la coulisse avant d'enduire, l'enduit venant buter dessus ;
  • une coupe nette à la truelle dans l'enduit encore frais, à distance constante de la coulisse, guidée à la règle.

Ce qu'il ne faut pas faire : enduire jusqu'au contact, puis gratter au cutter une fois sec. On arrache l'enduit et l'on raye la coulisse.

Le joint

L'espace laissé entre l'enduit et le coffre ou la coulisse se ferme par un joint souple, exactement comme le joint entre enduit et menuiserie : fond de joint compressible au fond, mastic par-dessus, épaisseur maîtrisée, adhérence sur deux faces seulement. La méthode complète est dans le joint entre enduit et menuiserie, et elle s'applique ici sans modification.

Un point propre à ce détail : le joint le long d'une coulisse ne doit pas déborder à l'intérieur du U. Un cordon de mastic qui bave dans la gorge frotte sur le tablier et finit par le rayer sur toute sa hauteur.

La sous-face et la joue du coffre extérieur

Sur un coffre rapporté, l'enduit du mur arrive en partie haute et sur les côtés. On ne l'engage pas sous le coffre : la sous-face reste libre, la trappe reste ouvrable, et le joint se fait entre l'enduit et la joue du coffre.

Si le coffre est plus étroit que le tableau, il reste une portion de linteau à enduire de part et d'autre. C'est un raccord ingrat qui se dessine en lumière rasante : on le traite en même temps que le linteau entier, sans reprise à cheval.

Le cas de l'isolation par l'extérieur

C'est la configuration où le coffre coûte le plus cher, et où le mauvais phasage se paie.

L'isolant recouvre l'ancienne coulisse. Il faut donc déposer les coulisses, poser des coulisses de rallonge fixées sur le support porteur à travers l'isolant, et non sur l'isolant, qui ne tient aucune charge.

Le coffre extérieur se retrouve en saillie diminuée, parfois affleurant. Selon les cas, on le remplace par un modèle adapté, on le déplace, ou on isole autour en réservant les accès.

La trappe de visite doit rester accessible à travers l'isolant. C'est le point que l'on découvre trop tard. Il se règle au moment du calepinage, pas à la finition.

Toutes ces contraintes découlent du fait que l'épaisseur du système déplace le nu de la façade et que tous les points singuliers en sont affectés, ce que développe l'enduit sur isolation extérieure.

Remise en service et contrôles

À faire baie par baie, et à consigner.

  • 1. Retirer tous les bouchons et tous les masquages, en recomptant. Le décompte écrit du matin sert le soir.
  • 2. Souffler ou aspirer les coulisses sur toute leur hauteur, avant toute manœuvre. On ne fait pas descendre un tablier dans une coulisse pleine de poussière d'enduit.
  • 3. Manœuvrer à la main, lentement, sur toute la course. Un moteur qui force casse ; une manœuvre manuelle sent le point dur. Si le volet est motorisé sans manœuvre de secours, on descend par petites impulsions en écoutant.
  • 4. Contrôler la fermeture complète : lame finale en appui, sans jour, sans forcer.
  • 5. Ouvrir la trappe de visite et la refermer. Si elle ne s'ouvre plus, c'est maintenant qu'on le règle.
  • 6. Regarder le tablier en lumière rasante, à la recherche de rayures neuves. Une rayure signale un corps dur resté dans une coulisse : on cherche, on retire.

Ces vérifications ont leur place dans la liste de réception, baie par baie, au même titre que la planéité de l'enduit.

Les défauts, et ce qu'ils disent

  • Le volet descend mais remonte mal. Généralement un frottement dans une coulisse, ou une lame finale qui accroche sur un appui rehaussé.
  • Le volet fait un bruit sec en fin de descente. Butée nouvelle : appui refait trop haut, ou joint de mastic débordant.
  • Le tablier frotte d'un seul côté. Coulisse déplacée à la repose. Elle se recale, elle ne se lime pas.
  • Le volet fonctionne, mais de l'eau entre par le coffre. Le joint entre le coffre et l'enduit n'est pas continu, ou l'enduit ne présente pas de rejet au-dessus du coffre. C'est un défaut d'étanchéité, pas de mécanique.
  • Un volet bloqué net dès la première manœuvre. On ne force pas. On ouvre la trappe, on regarde, on retire. Forcer casse une lame, et une lame se remplace en démontant tout le tablier.

Questions fréquentes

Faut-il vraiment démonter les volets pour ravaler ?

Pas toujours. La question se pose coulisse par coulisse, pas globalement. La dépose s'impose quand le support derrière est à reprendre, quand la façade est isolée, ou quand les coulisses sont à changer. Dans les autres cas, un masquage sérieux et un arrêt d'enduit propre suffisent. Ce qui ne se discute pas, c'est que la décision soit prise avant le chantier et écrite dans le devis : une dépose non prévue devient un supplément, et un supplément non prévu devient un litige.

Le volet frotte depuis le ravalement, qui est responsable ?

C'est exactement pour cette question que le constat avant travaux existe. Si le fonctionnement a été vérifié et photographié baie par baie au démarrage, la réponse est immédiate. Sans ce constat, la discussion se réduit à deux affirmations opposées. Le moment de se protéger est le premier jour, pas le dernier. La chronologie générale entre le lot menuiserie et le lot façade est développée dans fenêtres avant ou après le ravalement.

Quel jeu laisser entre l'enduit et la coulisse ?

La bonne réponse n'est pas un nombre mais une méthode : on mesure le jeu existant avant de commencer, on le note baie par baie, et on le restitue. Si la coulisse est déposée et reposée, la référence est la notice du fabricant, obtenue à partir de la référence du volet. Et le contrôle final n'est jamais une mesure : c'est une manœuvre complète, à la main, sur toute la course.

Peut-on enduire par-dessus un coffre extérieur en PVC ?

Non. Un enduit de façade n'adhère pas durablement sur un profil PVC, qui bouge beaucoup avec la température ; il fissure au pourtour puis se décolle en plaques. Un coffre qu'on veut faire disparaître se remplace, se déplace, ou se recouvre d'un habillage rapporté indépendant de l'enduit. Enduire dessus est une réparation à un an.

Comment traiter le câble d'un volet motorisé qui sort en façade ?

Comme n'importe quelle traversée de façade : gaine continue, percement en pente vers l'extérieur, étanchéité au droit du passage, et enduit qui vient buter sur un joint souple et non sur la gaine nue. Profitez du ravalement pour reprendre proprement une alimentation posée en applique : c'est le seul moment où l'échafaudage est là.

Le volet est très ancien et son mécanisme est fatigué. On le change avant ou après ?

Avant, sans hésiter, si le changement est décidé. Poser un volet neuf après un enduit fini oblige à percer, à recaler des coulisses sur un support déjà fini, et à refaire des joints. Poser avant permet d'enduire une fois, autour d'un matériel définitif. La seule précaution est alors de protéger un matériel neuf pendant les projections, ce qui est plus facile que de reprendre un enduit.