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Refaire un bandeau mouluré : gabarit, tirage et raccords d'enduit

Un bandeau épaufré se noie rarement sans conséquence : on supprime le rejet d'eau qui protégeait le mur. Relever le profil, tirer la moulure, raccorder.

Points singuliers / 10 min de lecture
Calibre en zinc glissant sur une règle de guidage pour tirer un bandeau mouluré au mortier
Le calibre glisse sur une règle calée au cordeau : c'est l'outil qui fait le profil, pas la main.

Sur beaucoup de façades anciennes, un bandeau mouluré court à hauteur de plancher, une corniche moulurée souligne l'égout du toit, une plate-bande dessine le dessus des baies. Ces reliefs ne sont pas décoratifs par accident : ils écartent l'eau du mur, ils marquent une ligne d'horizontale que l'œil corrige tout seul, et ils datent la façade aussi sûrement qu'une porte d'entrée.

Quand ils sont épaufrés, on les noie. C'est le geste le plus fréquent et le plus regrettable d'un ravalement : deux passes d'enduit par-dessus, le relief disparaît sous une bosse molle, la façade perd sa ligne et l'eau qui était rejetée coule désormais sur le mur. Reconstituer un bandeau mouluré n'est pas un travail d'artiste : c'est un travail de gabarit. Le profil se fabrique une fois, en tôle ou en contreplaqué, et c'est lui qui fait le geste. La main ne fait que charger et guider.

Ce qu'un bandeau fait réellement, et pourquoi il mérite d'être refait

Trois fonctions se superposent, et il faut les avoir en tête avant de décider quoi faire du relief existant.

Rejeter l'eau. Un bandeau bien conçu présente en partie haute une pente qui éloigne l'eau du parement, et en partie basse une arête vive ou un larmier qui interrompt le ruissellement. Sans cette rupture, l'eau contourne le relief et redescend sur le mur en laissant une coulure verticale. Les traînées noires sous les bandeaux sont presque toujours le signe que le rejet d'eau a été supprimé ou arrondi par un ravalement précédent.

Marquer une ligne. Un bandeau tenu au cordeau redresse visuellement toute la façade. Un bandeau ondulant, à l'inverse, se voit à trente mètres, alors que la même onde sur un mur plein passerait inaperçue. C'est la raison pour laquelle un bandeau raté est plus visible qu'un enduit raté.

Porter le style. La section d'un bandeau — quart-de-rond, doucine, cavet, simple chanfrein — appartient à une époque et à une région. Le remplacer par un boudin quelconque fait un bâtiment neutre, ce qui n'est pas grave en soi, mais qui vaut d'être une décision plutôt qu'un accident.

Le rôle de ces reliefs dans l'ensemble de la façade est décrit plus largement dans appuis, bandeaux, corniches et arêtes.

Relever le profil avant de toucher à quoi que ce soit

C'est l'étape qu'on saute, et c'est celle qui décide de tout. Une fois le bandeau piqué, le profil est perdu. Il faut donc le relever pendant qu'il existe encore.

Trouver la portion la moins abîmée

Un bandeau ne se dégrade jamais uniformément. Il y a presque toujours une portion protégée — sous un débord de toit, derrière une descente d'eau, sur une façade abritée du vent dominant — où le profil d'origine est intact. C'est celle-là qui sert de référence, pas la moyenne des zones ruinées.

Le relevé au carton

La méthode la plus simple est aussi la plus fiable. On découpe une chute de carton fort ou de contreplaqué mince, on l'applique perpendiculairement au bandeau contre le mur, et on reporte le profil au crayon en suivant le relief au plus près. On dégrossit à la lame, on repose, on retouche, jusqu'à ce que le carton épouse le relief sans jour visible en lumière rasante.

Deux précautions :

  • Relever sur au moins deux points éloignés de la façade et comparer. Si les deux profils diffèrent, ce n'est pas forcément une erreur de relevé : certains bandeaux ont été repris en plusieurs campagnes.
  • Reporter la position du profil par rapport au nu du mur, pas seulement sa forme. Un bandeau peut être juste de section et faux de saillie ; il fera alors une ombre différente.

Photographier et coter le relevé

Une photo de face, une photo en lumière rasante, et un croquis coté à partir du carton — les cotes se prennent au pied à coulisse ou au mètre sur le relevé, pas sur le mur. Ce croquis servira si le calibre casse en cours de chantier, ce qui arrive.

Décider : reprise ponctuelle, tirage complet, ou élément rapporté

Trois issues, et le sondage du support tranche autant que l'état du profil.

La reprise ponctuelle. Le bandeau est sain sur l'essentiel, épaufré à quelques endroits. On répare au mortier en s'aidant d'un petit gabarit local, sans refaire la ligne. C'est le cas le plus favorable et le moins coûteux. Il suppose que le support tient : on sonde au maillet comme sur n'importe quel enduit, et une zone qui sonne creux se purge au lieu d'être rechargée.

Le tirage complet au calibre. Le bandeau est ruiné, ou il a déjà été noyé et il faut le reconstituer. On purge jusqu'au support sain et on retire le profil au mortier, en continu. C'est le cœur de cet article.

L'élément rapporté. Sur les moulurations complexes ou les corniches à forte saillie, on trouve des profils préfabriqués — béton moulé, pierre reconstituée, polystyrène enrobé destiné aux façades isolées. Ils se collent et se chevillent sur un support préparé. C'est rapide et régulier, mais le profil disponible est rarement celui du bâtiment, et le raccord d'about est plus délicat qu'il n'en a l'air.

Un critère simple pour trancher : si le bandeau est long, droit, et de section modeste, le tirage au calibre est plus rapide qu'on ne le croit. S'il est court, très saillant, ou interrompu tous les deux mètres par des baies, la fabrication du calibre coûte plus que le gain.

Fabriquer le calibre

Le calibre — on dit aussi gabarit, ou calibre à tirer — est un outil, et un outil se fabrique avec soin parce qu'il va faire le travail à votre place plusieurs dizaines de fois.

La lame

La partie qui découpe le mortier est une tôle. Le zinc est le matériau classique : il se coupe à la cisaille, se lime, ne rouille pas et ne tache donc pas le mortier. L'acier inoxydable mince fait aussi l'affaire et dure plus longtemps ; l'acier ordinaire est à éviter parce qu'il laisse des traces de rouille dans le mortier frais.

La lame se découpe au profil relevé, en respectant scrupuleusement le carton — un écart de deux millimètres sur la lame se retrouve sur toute la longueur du bandeau. On ébarbe soigneusement la coupe : une bavure laisse un sillon continu dans la moulure.

Un détail que les débutants ignorent : la lame doit être légèrement dégagée à l'arrière, c'est-à-dire biseautée de façon à ne présenter qu'une arête au mortier. Une lame à bord droit racle sur toute son épaisseur, colle et arrache au lieu de couper.

Le corps et la semelle

La lame se fixe sur une joue en contreplaqué découpée au même profil mais en retrait de la lame, de façon que le métal seul travaille. Cette joue est raidie par une planche perpendiculaire — la semelle — qui viendra prendre appui sur une règle fixée au mur.

C'est la semelle qui donne la précision. Le calibre ne se guide pas à la main : il glisse sur un rail. En pratique on fixe au mur une règle d'aluminium ou une latte de bois parfaitement rectiligne, calée au cordeau et au niveau, sous la ligne du bandeau. Le calibre s'appuie dessus par-dessous et vient buter contre le nu du mur par l'arrière. Deux appuis, donc deux degrés de liberté supprimés : le profil ne peut plus ni tourner ni s'enfoncer.

Sur les bandeaux très saillants, on ajoute une deuxième règle en partie haute et le calibre coulisse entre les deux.

L'essai à blanc

Avant tout mortier, on fait glisser le calibre sur toute la longueur, à vide. On cherche trois choses : un point dur où la règle n'est pas droite, un endroit où le support ressort davantage que le fond du profil, et un obstacle — descente d'eau, patte de volet, câble — qui interdit le passage. Chacun se traite avant, jamais pendant.

S'il existe un point où le support dépasse le fond de la moulure, le tirage est impossible : il faut retailler le support. Le calibre ne pardonne pas, c'est justement sa qualité.

Préparer le support

Purger

On pique jusqu'au dur, sans complaisance. Les parties creuses, sonnant creux au maillet, ou qui se détachent sous la pointe de la truelle, ne serviront pas de support. On dépoussière, on brosse.

Traiter ce qu'on découvre

Un bandeau ancien cache souvent une armature : cornière, fer plat, tige de scellement, parfois un simple lit de briques en encorbellement. Si un fer apparaît et qu'il est rouillé, il se traite comme n'importe quel fer de façade : brossage jusqu'au métal, passivation, recouvrement suffisant. Un fer laissé sous un mortier neuf fera éclater le bandeau refait dans les mêmes années que le précédent.

Créer l'accroche et le noyau

Sur une saillie importante, le mortier ne tient pas tout seul : il faut un noyau. Les moyens classiques sont des chevilles ou des pointes plantées dans le support et laissées saillantes, un fil ou un grillage tendu entre elles, ou une brique de faible saillie qui ramène le mortier à une épaisseur raisonnable. Le principe : on ne charge jamais toute la saillie en mortier plein, on la construit.

Le support reçoit ensuite un gobetis d'accroche, comme n'importe quel enduit — le rôle de cette couche est détaillé dans gobetis, corps d'enduit, finition. Et comme partout ailleurs, un support absorbant se prépare avant charge, par humidification ou par primaire selon sa nature.

Le tirage

Charger en plusieurs passes

C'est la règle qui rate le plus de bandeaux. On veut aller vite, on charge la saillie entière d'un coup, on passe le calibre, ça vient, c'est beau — et le lendemain le bandeau est fendu sur toute sa longueur, ou il se décolle en une seule pièce.

Le mortier se charge en passes successives, chacune reprise par le calibre. La première remplit le gros, sans chercher le profil, laissée volontairement en retrait. Les suivantes affinent. La dernière ne fait plus que finir la forme. L'épaisseur admissible par passe et le délai entre deux passes figurent sur la fiche technique du mortier employé ; le principe général de ces délais est traité dans temps de séchage d'un enduit.

Le mortier doit être plus ferme que pour un enduit de mur. Une gâchée trop fluide s'affaisse sous son propre poids en sous-face de la moulure et ne se rattrape pas. On gâche donc des quantités courtes, et on jette ce qui a commencé à tirer.

Le geste

On charge à la truelle, généreusement, un mètre à un mètre cinquante devant soi. On engage le calibre et on le pousse d'un mouvement continu, sans à-coup, en le maintenant plaqué contre ses deux appuis. Le mortier excédentaire roule devant la lame ; on le récupère à la truelle et on le recharge devant.

Trois erreurs de geste, toutes visibles ensuite :

  • Soulever le calibre en cours de passe. Cela laisse une marche que la passe suivante ne rattrape pas complètement.
  • Faire des allers-retours au même endroit. Le mortier commence à tirer, la lame l'arrache par plaques.
  • Tirer trop tard. Un mortier qui a commencé sa prise ne se profile plus : il s'écaille. Mieux vaut refaire une gâchée qu'insister.

On nettoie la lame à l'eau à chaque passe complète. Un calibre encrassé ne coupe plus, il traîne.

Les zones qu'on ne peut pas tirer

Aux extrémités, contre un tableau de baie, contre un angle rentrant, le calibre ne peut pas aller jusqu'au bout : il bute. On tire au plus près, puis on finit à la main, avec un petit gabarit d'about découpé dans la même tôle, ou avec les outils de sculpteur — riflard, langue de chat, petite truelle. C'est le seul endroit où la main remplace l'outil, et il faut se donner le temps.

Les abouts, les angles et les raccords

Le raccord sur l'existant

Quand on reprend une portion, la jonction avec le bandeau conservé est le point critique. Elle ne se fait jamais bord à bord, à angle droit : on coupe le bandeau ancien en biais franc, on dégage un lit d'accroche, on humidifie, et on tire le neuf en le faisant mourir sur l'ancien. La ligne du raccord se trouve alors dans un plan oblique, où l'œil ne va pas la chercher.

Une bonne pratique : placer les raccords à des endroits déjà interrompus — un angle de mur, l'axe d'une descente d'eau, le bord d'un tableau. Un raccord au milieu d'un panneau plein se verra toujours.

Les angles de bâtiment

À l'angle sortant, deux bandeaux se rencontrent. Le profil se prolonge par une coupe d'onglet, tirée à la main après que les deux longueurs ont été tirées. Le contrôle : de trois quarts, l'arête d'onglet doit être rectiligne et les moulures doivent se raccorder mouluration par mouluration, sans décalage. Un décalage signifie que les deux règles de guidage n'étaient pas à la même altitude.

Les abouts libres

Quand le bandeau s'arrête en pleine façade — au droit d'une limite mitoyenne, par exemple — l'about se ferme franchement, avec une joue verticale ou un léger biais, et non par une dégénérescence molle du profil. Un about mou paraît toujours cassé.

Le rejet d'eau en partie haute : le détail qui décide de la durée

C'est le point que la plupart des reprises manquent, et c'est celui qui fera revenir le problème.

Le dessus d'un bandeau ne doit jamais être horizontal. Il doit présenter une pente franche vers l'extérieur, réalisée au mortier lors du tirage ou par un profil rapporté. Une pente trop faible laisse l'eau stagner, geler, et décoller le mortier. Le principe est exactement celui d'un appui de fenêtre, développé dans refaire un appui de fenêtre : pente, rejet, et interruption de la lame d'eau.

Le raccord entre le dessus du bandeau et le mur doit être fermé. C'est là que l'eau s'infiltre. Selon le cas, on ménage une gorge remontant légèrement sur le mur, ou on pose une bande d'étanchéité recouverte par l'enduit du mur, ou on couvre le bandeau d'une couvertine métallique agrafée avec relevé contre le mur.

En sous-face, le profil doit se terminer par une arête vive ou une gorge — la goutte d'eau. Une sous-face arrondie conduit l'eau jusqu'au mur par capillarité. C'est la raison pour laquelle un bandeau repeint et repeint, dont l'arête a été arrondie par les couches successives, se met à couler alors qu'il ne coulait pas.

Sur une corniche fortement saillante, la couvertine métallique est souvent la seule solution durable : le mortier seul, exposé à plat sur une grande largeur, ne tient pas les hivers.

Raccorder l'enduit de façade au bandeau

L'ordre

Deux écoles, et le choix se fait au regard du produit de finition.

Bandeau d'abord, mur ensuite : on tire le relief, on le laisse durcir, puis on enduit le mur en venant mourir contre lui. Avantage : le calibre travaille sur un support net, sans risque d'abîmer un enduit frais. Inconvénient : il faut arrêter proprement l'enduit du mur contre le bandeau.

Mur d'abord, bandeau ensuite : on enduit, on laisse une réservation à l'emplacement du relief, on tire. Avantage : la ligne du bandeau se pose sur un mur déjà plan. Inconvénient : les projections de mortier salissent la finition en dessous.

Dans les deux cas, le point de jonction doit être un arrêt net, pas un fondu. Un fondu se fissurera exactement à la limite, parce que les deux mortiers n'ont ni la même épaisseur ni le même retrait.

La finition

Rien n'oblige le bandeau à recevoir la même finition que le mur. Un bandeau lissé sur un mur gratté est une composition classique et lisible ; l'inverse — un bandeau gratté sur un mur lissé — se salit vite. Le critère est la salissure : plus un relief est saillant et rugueux, plus il retient les poussières lessivées par la pluie.

Si le bandeau doit être peint dans une teinte distincte, on peint après séchage complet de l'ensemble, et l'on prévoit un arrêt franc de la peinture sur une arête, jamais au milieu d'une surface courbe.

Les défauts, et ce qu'ils disent

  • Le bandeau ondule vu de biais. La règle de guidage n'était pas droite ou pas fixée assez souvent. Se corrige en refaisant une passe fine après avoir recalé le rail — pas en ponçant.
  • La moulure présente un sillon continu. Bavure sur la lame du calibre. On ébarbe et on repasse.
  • Des arrachements réguliers reviennent au même endroit. Un point dur du support touche la lame. Retailler le support.
  • Le mortier s'affaisse en sous-face. Gâchée trop fluide ou passe trop épaisse. On recommence plus ferme et en plusieurs fois.
  • Des fissures fines apparaissent sur toute la longueur après quelques jours. Retrait : passe trop épaisse, ou séchage trop rapide. La protection du frais est la même que pour un enduit de mur : bâche, brumisation, et pas de tirage en plein soleil ni en plein vent.
  • Le bandeau se décolle en une pièce. Absence de gobetis, ou support non purgé. Il n'y a pas de rattrapage.

Contrôler un bandeau refait

Cinq vérifications, dans cet ordre :

  • 1. Au cordeau, sur toute la longueur. Tendu d'un bout à l'autre, en partie haute du profil. On regarde l'écart, pas la valeur absolue.
  • 2. À la règle, en travers. Posée perpendiculairement, elle doit toucher le nu du mur et le nez du bandeau sans basculer.
  • 3. En lumière rasante, tôt le matin ou en fin de journée. Elle révèle les ondulations que la lumière de midi masque totalement. C'est le même contrôle que sur un enduit de mur, décrit dans contrôler un enduit fini.
  • 4. Au jet d'eau, sur le dessus. On arrose la partie haute et l'on regarde où l'eau part. Elle doit tomber au sol depuis le nez, sans revenir sur le mur. Si une coulure apparaît sous le bandeau, la goutte d'eau ne fonctionne pas.
  • 5. Aux abouts et aux angles, de trois quarts. Onglets rectilignes, moulures alignées, abouts francs.

Ces cinq points ont leur place dans la liste de réception, au même titre que la planéité du mur.

Questions fréquentes

Peut-on simplement noyer un bandeau abîmé sous l'enduit ?

Techniquement, oui. Mais on supprime en même temps le rejet d'eau, et l'eau qui descendait par le nez du bandeau descendra désormais sur le mur, en laissant une coulure. Si la décision est prise malgré tout de supprimer le relief, il faut alors traiter la façade comme un mur plein exposé et prévoir la protection correspondante. Ce n'est pas une économie : c'est un changement de parti, qui déplace le problème vers le bas du mur.

Combien de temps met-on à tirer un bandeau ?

La fabrication du calibre et la pose des règles de guidage prennent l'essentiel du temps ; le tirage lui-même est rapide. C'est pourquoi le coût au mètre chute très vite avec la longueur : un bandeau court coûte cher au mètre, un bandeau de façade entière beaucoup moins. Pour chiffrer, demandez à l'entreprise de distinguer sur le devis la fabrication du gabarit, la préparation du support et le mètre linéaire tiré : trois lignes distinctes, comparables d'un devis à l'autre.

Quel mortier employer pour le tirage ?

Le mortier doit être compatible avec le support et avec l'enduit du mur : sur un bâti ancien monté à la chaux, un mortier de ciment rigide fera sur le bandeau exactement ce qu'il fait sur le mur, c'est-à-dire bloquer la vapeur et se décoller par plaques. Le choix se fait avec le fournisseur, à partir de la nature du support et de la finition prévue ; sa fiche technique donne les épaisseurs admissibles par passe et les délais entre passes, qui sont les deux seules valeurs dont vous avez besoin sur le chantier.

Les moulures en polystyrène collé, est-ce sérieux ?

Elles ont une vraie place sur les façades isolées par l'extérieur, où un relief en mortier plein créerait un pont thermique et un poids que l'isolant ne peut pas reprendre. Sur un mur plein en revanche, elles offrent une résistance mécanique faible, et le moindre choc laisse une empreinte. Le critère de décision est l'exposition : en étage, hors d'atteinte, elles tiennent ; à hauteur d'homme, non.

Faut-il déposer les descentes d'eau qui traversent le bandeau ?

Oui, dans tous les cas où le calibre doit passer. Une descente laissée en place oblige à interrompre le tirage à chaque passage et multiplie les raccords à la main. La dépose et la repose des évacuations font partie du lot façade et se traitent au bon moment du chantier, comme le rappelle les descentes d'eau pluviale.

Comment savoir si le bandeau que je vois est d'origine ?

Trois indices s'observent sans outil : la régularité du profil sur toute la longueur, la présence d'un vrai larmier en sous-face, et la cohérence avec les autres reliefs du bâtiment — appuis, corniche, encadrements. Un bandeau d'origine partage sa grammaire avec eux. Un bandeau refait à une autre époque a souvent un profil plus simple, plus mou, et une sous-face arrondie. Photographiez ce que vous avez avant de piquer : c'est la seule archive dont vous disposerez.